Utiliser son smartphone pour le contrôle d’accès

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Propos de Martial Gonzales et de Mélanie Dubus, recueillis par Patrick Haas

Mis en ligne octobre 2016

Le badge de contrôle d’accès est-il amené à disparaitre un jour, remplacé par une solution utilisant le smartphone ? Probablement pas dans un avenir prévisible. Néanmoins, cette nouvelle technologie commence déjà à se répandre au-delà de la simple expérimentation.

« Nous sentons une demande très forte de la part de certains utilisateurs », explique Martial Gonzalez, directeur des ventes Europe du Sud de HID Global, leader mondial de la gestion d’identité sécurisée, appartenant au groupe suédois Assa Abloy.

« Le badge et le smartphone ne sont pas en concurrence, ils sont complémentaires », ajoute-t-il. Et de citer des applications où le smartphone, capable de dialoguer à une certaine distance du lecteur de contrôle d’accès, s’avère particulièrement bien adapté : une personne à mobilité réduite sur un fauteuil roulant, un conducteur entrant dans un parking, une personne utilisant un chariot dans un hôpital ou un entrepôt. Le smartphone est également pertinent pour l’accès partagé à des salles de réunion sur un grand site.

« Cette technologie s’intègre facilement dans les bâtiments intelligents », relève Mélanie Dubus, responsable marketing au pôle Contrôle d’accès d’Assa Abloy France. D’ailleurs, l’industrie high tech figure parmi les pionniers du badge sur smartphone à l’instar des sites de Vodafone en Italie ou du siège de SFR à Saint-Denis.

Les hôtels sont également en pointe sur ce sujet, notamment avec un établissement équipé à Stockholm par Assa Abloy. Des expérimentations sont également en cours dans les campus universitaires, car les étudiants sont réputés pour posséder pratiquement tous un smartphone.

On note cependant peu de sites qui basculent sur le tout mobile, délaissant totalement les badges classiques.

Vers de multiples usages

« Les usages vont se multiplier, car le système est très flexible et la technologie est pérenne », estime Martial Gonzalez.

Concrètement, le smartphone dans lequel on a généré un badge virtuel peut utiliser deux catégories de protocole de communication : le NFC, dédié aux appareils Android puisqu’Apple ne l’a pas adopté, qui peut dialoguer avec le lecteur à une distance de 3 cm seulement et le Bluetooth low energy dont la distance va jusqu’à 3 mètres. « Il faut évidemment que le lecteur soit compatible avec ces standards, mais cela est désormais le cas pour pratiquement tous les modèles récents », affirme Mélanie Dubus.

Ce marché frémissant du contrôle d’accès est probablement lié au développement du paiement sans contact.

Le smartphone présente aussi l’avantage d’être programmable à distance, à la différence du badge qui implique une distribution physique aux personnes concernées.

Reste la question d’un éventuel piratage du système. Les spécialistes assurent que la technologie est fiable. Autre écueil : il est nécessaire que toute la population d’un site soit équipée d’un smartphone, ce qui n’est pas évident partout.

Le smartphone ne sera d’ailleurs pas le seul moyen de passer un contrôle d’accès :
on peut imaginer d’autres objets connectés comme les montres ou les vêtements.
Les prédictions de la science-fiction seront bientôt dépassées…