L’uberisation de la sécurité encore à ses balbutiements

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Patrick Senior

Par Patrick Haas – Rédacteur en chef

Mis en ligne mars 2018

L’uberisation de la sécurité encore à ses balbutiements

Smartphones, PTI, tablettes, géolocalisation : le gardiennage est en train de faire une mue technologique à grande échelle et extrêmement rapide. Mais la véritablement rupture viendra probablement de l’ubérisation des prestations.

« A l’heure de la numérisation de l’économie, on ne peut plus continuer à faire le métier de la sécurité privée comme avant : il faut entrer dans l’ère de la digitalisation de notre profession », affirme Patrick Senior, président de la société de gardiennage BSL et fondateur de GuettGuard, un pionnier de l’uberisation.

Le processus est simple. Il passe par la commande d’agents de sécurité grâce à une application sur un mobile. Les personnels disponibles situés à proximité du site à surveiller se manifestent directement auprès d’un donneur d’ordre dès qu’ils ont reçu sa demande envoyée sur leur smartphone. Il devient tout à fait possible de contractualiser une vacation en quelques minutes seulement. Un gain de temps inestimable !

Les agents peuvent être notés par le client pour la qualité de leurs prestations et ils connaissent en retour les appréciations qui leurs sont données.

Une nouvelle cible de clients : les particuliers

Ce type de prestation est pour l’instant réservé à des missions de courte durée pour des petits sites et même pour des particuliers pour des événements familiaux par exemple. Il s’agit donc d’une nouvelle niche de marché. Selon les estimations d’En Toute Sécurité, l’uberisation pourrait représenter 1% du marché total du gardiennage à l’horizon 2021, soit un montant d’environ 40 M€.

L’ubérisation se heurte à une méfiance d’une partie des donneurs d’ordre qui estiment le processus peu favorable à des prestations de qualité. De plus, les plateformes devront démontrer qu’elles sont en accord avec la réglementation. Fin 2016, le CNAPS s’est prononcé en faveur d’une activité réglementée, c’est-à-dire soumise à une obligation d’agrément et de contrôle des sociétés proposant des prestations sur le modèle Uber.

Plusieurs entreprises de gardiennage -une bonne dizaine- se sont lancées dans des prestations uberisées. Elles sont surtout le fait de PME ou de petites structures. A noter que Securitas a décidé en juillet 2017 d’abandonner son projet sur ce thème, estimant que « cette approche est aujourd’hui incompatible avec la recherche de l’excellence opérationnelle affichée par l’entreprise ».

L’uberisation du gardiennage pourrait d’ailleurs s’étendre à d’autres métiers de la sécurité privée comme la protection rapprochée, voire le conseil en sécurité et pourquoi pas la sécurité électronique à plus longue échéance.