Les robots de sécurité peinent à émerger

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Mis en ligne février 2017

Les robots de sécurité peinent à émerger

Les robots font souvent rêver le grand public ou au contraire lui font peur. Pour les applications de sécurité ils se font plutôt remarquer par leur absence pour l’instant. On pouvait logiquement penser que ce type de machine était particulièrement adapté à des missions de surveillance : capteurs embarqués, autonomie, rondes aléatoires, dialogue avec le PC de sécurité, etc. Tous les ingrédients techniques semblaient réunis pour convaincre les donneurs d’ordre que l’agent de sécurité pouvait être remplacé -en partie du moins- par un robot.

Dans les faits, il n’en est encore rien. Les utilisateurs sont très sceptiques sur des technologies considérées comme non stabilisées et sur des concepteurs-fabricants non pérennes, alors que les prix restent trop élevés : 30.000€ environ pour un équipement de base.

Résultat : le marché français ne décolle pas et les sociétés restent très fragiles. Notamment les start-up. C’est ainsi qu’Abankos Robotic a fait faillite en 2014, faute de contrats. Puis c’est au tour d’EOS Innovation, pourtant dans le giron du groupe Parrot, fabricant de drones, de disparaitre en mars 2017.

Ces entreprises sont probablement nées trop tôt.

La relève est aujourd’hui assurée par des spécialistes comme le français Shark Robotics qui propose de gros robots pour la lutte contre l’incendie ou le déminage. Le groupe industriel Gorgé est également sur le créneau des robots de déminage et trouve aussi sa voie à l’export.

Des acteurs venus d’horizons différents

Les applications de sécurité sont pour l’instant relativement étroites : la surveillance d’entrepôts ou de grands bâtiments, par exemple. Il est encore difficile de faire intervenir un robot en extérieur, sauf pour des engins sophistiqués à usage militaire. Les géants de l’univers de la défense sont d’ailleurs présents sur ce créneau à l’instar de Remotec (groupe Northrop Grumman) qui commercialise un robot-bombe capable d’attaquer un terroriste et de faire exploser la bombe qu’il transporte.

A l’opposé, on trouve des robots domestiques -pour aider des personnes âgées à leur domicile- qui ont également une vocation domotique avec quelques applications de sécurité. Ces assistants ont pour nom Leenby de Cybedroïd, Buddy de Blue Frog, E4 d’AI Mergence ou encore Nao d’Aldebaran.

Certainement promis à un bel avenir, les robots suscitent de nombreuses ambitions. Ce qui se traduit notamment par des acquisitions en nombre. Le japonais Softbank apparait déjà comme un leader mondial : il a ainsi racheté en juin 2017 Boston Dynamics, filiale de Google spécialisée dans les robots de défense et issue d’un laboratoire du prestigieux MIT. Il a aussi pris le contrôle de Schaft qui fabrique des robots bipèdes et du français Aldebaran.

Les grandes manœuvres ne font que commencer…