Emploi des directeurs sécurité : tendances et profils recherchés

Directeur sécurité

Propos d’Arnaud Béziers La Fosse et Sébastien Fage, recueillis lors d’un dîner débat organisé par l’Agora des Directeurs de la Sécurité , un club Agora Fonctions.

Mis en ligne octobre 2016

Quels ont été les points clés de votre intervention lors de la réunion du club de l’Agora des Directeurs de la Sécurité à Paris le 14 septembre ?

Sébastien Fage : Nous avons souhaité mettre en avant le fait que les critères de recrutement des directeurs sécurité se professionnalisent. La gouvernance des entreprises, les patrons, attendent aujourd’hui d’eux du recul et une vision stratégique. Le directeur sécurité est désormais un business partner.
Et cela demande de nouvelles compétences. Notamment de comprendre comment fonctionne l’entreprise et que son but est de gagner de l’argent.

Quelles sont les tendances de recrutement pour les directeurs sécurité ?

Sébastien Fage : Nous assistons aujourd’hui à un revirement qui consiste en la professionnalisation et la valorisation du métier. Les directeurs des ressources humaines ont compris que leurs réseaux dans la police, la gendarmerie et l’armée ne suffisaient plus à recruter des profils compétents. Le choix d’un directeur sécurité est un enjeu important : il doit être sélectionné et choisi avec soin. Les DRH font désormais appel à des professionnels pour les aider dans cette tâche.

La rémunération est-elle à la hauteur des attentes ?

S.F : Malheureusement les directeurs sécurité sont toujours considérés comme des sous-directeurs. Leur rémunération est encore inférieure à celle des autres familles de métiers. Mais cela va changer.

Quels sont les profils recherchés ?

Arnaud Béziers La Fosse : Aujourd’hui, les entreprises ne souhaitent plus seulement de simples directeurs sécurité. Les profils recrutés ont de multiples compétences. Mais il reste encore du chemin à faire : les DRH font appel à nous parce qu’ils ne connaissent pas les certifications et les diplômes du domaine de la sûreté.

En ce qui concerne le parcours des candidats, les grands groupes recherchent avant tout des profils ayant 15 à 20 ans d’expérience. Ces personnes ne sont pas nécessairement d’anciens gendarmes ou militaires.

Nous présentons toujours dans nos « short list » des candidats issus du civil ou polyvalents, c’est-à-dire ayant à la fois une petite expérience militaire et 15 ans passés au sein de l’entreprise. Autre constat : depuis environ six mois le niveau d’exigence des recruteurs en anglais augmente. Ce critère, rarement évoqué précédemment, devient aujourd’hui rédhibitoire.

Mais s’ils sont plus exigeants, les patrons se soucient davantage de l’évolution du poste. Avant, après trois à quatre années de service dans une entreprise, un directeur sécurité partait, soit à la concurrence, soit à la retraite. Aujourd’hui, on lui propose des perspectives.