CNIL et reconnaissance faciale

CNIL et reconnaissance faciale

Les contempteurs de la reconnaissance faciale craignent que cette dernière ne soit un obstacle à la liberté d’aller et venir. Ils omettent cependant de souligner que la reconnaissance faciale existe déjà sur les ordinateurs et les smartphones.

Le fondement juridique de la protection de la vie privée en France (Directive sur la protection des données de 1995 et loi informatique et libertés de 1978) sera bouleversé par l’entrée en application en 2018 du règlement général de la protection des données, mais qui, toutefois, ne devra pas sensiblement modifier l’approche actuelle de la CNIL sur la reconnaissance faciale.

La CNIL vient ainsi le 9 mars 2017 d’autoriser le Palais de la découverte et la Cité des sciences à mettre en œuvre pour une exposition temporaire un dispositif de reconnaissance faciale : les visiteurs, avec leur accord seront filmés à l’entrée de l’exposition et le résultat de la reconnaissance faciale leur sera présenté à un autre point du parcours de l’exposition.

Cette autorisation s’inscrit dans le prolongement de deux autres autorisations récentes :

Celle donnée à la société Thales Services (délibération n° 2016-296 du 29 septembre 2016). Des salariés volontaires de cette société acceptent de se prêter au jeu de la reconnaissance faciale dans un bâtiment précis pour permettre l’amélioration du système dénommé « virtualis ».

Celle donnée à la société Oberthur (délibération n° 2016-277 du 13 septembre 2016) cette société dans le cadre d’un partenariat entend recruter près de 300 volontaires qui seront photographiés sous différentes « coutures » et dont les photos seront exploitées pour voir la qualité de la reconnaissance en fonction de la distance de prise de vue.

On peut légitimement supposer qu’après avoir permis ces expérimentations, la CNIL autorisera l’usage des systèmes de reconnaissance faciale de manière plus large. Les autorisations seront conditionnées à l’accord des intéressés (ou à tout le moins à leur information) et à une proportionnalité au but poursuivi (par exemple, il n’est pas possible d’avoir un système de reconnaissance faciale pour contrôler les heures d’arrivée et de sortie des salariés) et sans doute sur une aire géographiquement localisée comme un stade de foot.

Reste le problème de l’interconnexion des fichiers. Par exemple, un casino pourrait-t-il utiliser le fichier des interdits de jeu s’il contient des photos pour les identifier par la reconnaissance faciale ? La caméra deviendra alors un physionomiste.

L’avenir le dira.